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 Chapitre 3 d'Hysteria en avant-première

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Kaerizaki Yume
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MessageSujet: Chapitre 3 d'Hysteria en avant-première   Ven 25 Déc - 21:54

Chapitre 3


Canaan souffla un peu, il s’allongea sur la sorte de banc. Il ferma doucement les yeux. Il se sentait fatigué… Grim avait été lui chercher une boisson rafraichissante. Purée, comme il avait mal à la gorge maintenant… Il avait donné tout ce qu’il avait sur scène… A présent, il semblait complètement épuisé. Soudain, doucement, un froissement d’habits dont il ne prit pas garde s’approcha de lui. Quelque chose de chaud se posa contre son front alors qu’il fermait les yeux pour se couper un peu du monde qui l’entourait. Il cru d’abord au retour de Grim, mais cette chaleur humide chassa immédiatement l’idée. Et lorsqu’il souleva une paupière, le jeune garçon aux cheveux bleus fit un bond impressionnant de côté.
- Salut… Canaan c’est ça ?
Un blond se tenait au-dessus de lui, l’observant avec un air vaguement absent. Il s’assit à côté en silence et s’alluma une cigarette. Se touchant le front, passablement perturbé, une idée émergea dans son esprit : ce gars l’avait-il embrassé ?
- Vous étiez bien…. Murmura-t-il doucement de sa voix trainante et égale.
Il tira sur sa clope avant de laisser un nouveau silence.
Hideaki se tourna vers le leader de Bad Mint, le détaillant de son regard clair. D’un geste lent, il lui tendit une serviette humide.
- Ca chasse la fatigue, si tu la mets sur les tempes…
Et il se tut à nouveau. Le blond laissa le temps à Canaan de s’imaginer tout un tas de possibilités à son geste, ce qui l’amusait secrètement, avant de passer un bras sur le banc, derrière le dos du bleuet. Il senti d’ailleurs ce dernier se raidir brusquement.

Canaan ne savait plus trop quoi penser. Il avait imaginé un moment que le blond l’avait embrassé et cela le perturbait. Il jeta son regard sur la serviette et se dit que ce serait impoli de ne pas l’accepter, mais il se méfiait un peu encore… A part Grim et Shika, il ne savait pas vraiment ce que le gens pouvaient lui faire… Doucement, il tendit son bras toujours blessé en direction de la serviette et baissa son regard.
- Merci, finit-il par balbutier…
- Mais de rien, murmura Hideaki, lui souriant tendrement.

Ses yeux bleus se posèrent sur la blessure, dont une croûte brunâtre rampait tout le long, jonchée d’éclats de bois. Il ne dit rien, observant le gamin s’éponger le visage. Le blond s’amusa plus encore en voyant à quel point il était figé et gauche dans ses mouvements. D’un coup, il claqua ses doigts devant son visage pour attirer son attention.
- Hey !
Surpris, le garçon aux cheveux bleus tourna le visage vers Hideaki… ce dernier approcha brusquement son visage, posant ses lèvres pliées en un sourire sur celles du chanteur de Bad Mint.

Canaan sursauta et tenta de reculer, mais étant au bord du banc, il tomba à la renverse, mais Hide ne le laissa pas faire. Il l’entoura de son bras et le tira contre lui, le plaquant contre son torse et approfondissant le baiser. Canaan rougit d’un coup. Il ne savait plus quoi faire. Non que cela lui déplaise, mais… Comment dire… C’était son premier… Son premier baiser quoi !! Lentement, il mit sa main sur la poitrine de Hide, espérant que ce dernier comprenne le geste et s’arrête… Ce que malheureusement le blond ignora royalement. Plongeant sa main dans les cheveux bleus, il referma ses doigts sur quelques mèches. Lorsque le bleuet pressa sa propre main contre sa poitrine, il en déduisit qu’il l’invitait à poursuivre. Penchant le visage, sa langue s’amusa contre les lèvres de Canaan, prenant son menton. Ce moment dura une éternité… et le délire qu’il ressenti au fond de son ventre menaçait de se transformer en éclat de rire.

Et pendant que Hide s’amusait comme un fou, Canaan commençait vraiment à paniquer.
- Att…
- Amon !!
Et Canaan se raidit complètement, les yeux écarquillés. Sous le coup de la surprise du garçon aux cheveux bleus, Hide haussa un sourcil et fixa celui qui venait des les déranger. C’était un homme d’une quarantaine d’années, habillé assez grossièrement avec son t-shirt blanc sale qui dégoulinait de sueur et son pantalon déchiré à différents endroits. Il avait un tatouage sur son bras : un dragon noir. Canaan le fixa d’un regard terrifié quand il s’approcha.
- Père, je…
Et d’un revers de la main, il gifla Canaan qui bascula de côté doucement avant de se tenir la joue. Le père ne sembla même pas s’inquiéter pour le bras blessé de son fils et le lui saisit brutalement, arrachant un cri de douleur au garçon aux cheveux bleus.
- Maintenant, tu te tais et tu me suis, sale garce !
Hideaki, prit de court par la situation, ne réagit pas immédiatement. L’homme qui venait de faire son apparition le cloua sur place. D’abord parce qu’il était, disons-le, dégueulasse et heurtait son sens artistique, ensuite parce qu’il entendit de la bouche de son chanteur le mot « père ». Il chercha quelques secondes la ressemblance… mais cette recherche s’avéra infructueuse. Il se leva, voyant que l’homme écrasait le bras déjà blessé de Canaan avec une certaine satisfaction. Et le regard du gamin, vitreux et absent… comme le sien avant de rencontrer Kae et sa mère. Quelque chose bougea dans ses trippes, et sans savoir pourquoi, s’interposa. Ramassant son portable échoué au fond de sa poche, il appela Kae. Il écrasa sa cigarette en la jetant par terre, son pied finissant le travail.
- Excusez-moi….

L’homme le fixa, visiblement en colère. Il ne cherchait pas vraiment à comprendre ce que disait ce gamin blond, encore ivre. Il balança son fils derrière lui, le tenant toujours par le poignet. Canaan ne réagissait même pas sous la douleur quand son père lui broya littéralement le bras.
- Tu veux quoi toi ? Si tu veux coucher avec mon fils, il faut payer mon grand… Et je te jure qu’il n’est pas bon marché…
Hideaki, après avoir murmuré quelques mots, attendit en silence tout en dévisageant l’homme. Il haussa les épaules, comme si cette situation ne le concernait pas.
- Vous voyez… monsieur. Si mes parents avaient su que des gars dans votre genre me payaient pour me passer dessus, ils auraient été anéantis. Mais… vous, en tant que père, vous seriez prêt à vendre la chair de votre chair ? Vous êtes un criminel de la pire espèce, monsieur. Et avec tout le respect que je vous dois, vous devriez aller vous faire foutre.
Ses yeux bleus, si neutres habituellement, le fixèrent avec répugnance. Cette arrogance juvénile et cette colère sourde envers le monde adulte le transpercèrent. L’adolescent dominait l’adulte. Canaan fut impressionné, il était le premier à oser répondre à son père de la sorte. Les autres gens s’écartaient quand son géniteur aboyait quelque chose, mais ce blondinet…

Et l’homme, acculé et agressé dans son honneur ne se retint plus. Comment osait ce petit impertinent lui dire… la vérité ? Que savait-il lui, de ce qu’il avait enduré, de ce qu’il subissait encore aujourd’hui en voyant ce visage qui ressemblait tellement à la femme qui l’avait abandonné ? Ce blondinet ne pouvait même pas imaginer… non, non… Et sa main l’abattit brutalement. Hideaki percuta le sol avec violence, la lèvre éclatée mais toujours ces yeux remplis de haine. Canaan sembla complètement au bord du gouffre de la folie quand il vit la seule personne qui l’avait défendu jusque là au sol.
Au même moment, les autres de Dolce Alba arrivèrent, voyant la scène. Akira perdit son sourire, attrapant l’homme pour l’immobiliser. Kae s’approcha d’Hideaki alors que Tatsuya ramassa Canaan, coupant le lien visuel qu’il avait avec son géniteur.
- Sale petite vermine ! Comment oses-tu parler ainsi à un adulte ? On t’a pas appris le respect ? hurla l’homme gras.
Ce à quoi il répondit en crachant par terre. La sécurité arriva soudain et le père de Canaan aboya tout de suite.
- Aidez-moi, ces vermines veulent enlever mon fils a ma garde ! Je suis son père, mon fils vous le confirmera !
Canaan s’était agenouillé devant Hide et voyait s’il n’était pas trop amoché. Il s’en voulait terriblement de voir le blondinet comme ça… La police fixa Akira, puis l’homme qui se débattait.
- - Votre fils est où ?
- - Celui aux cheveux bleus ! Amon… Canaan !
Canaan sursauta en entendant son nom être prononcé de la sorte. Le regard haineux de son père l’immobilisa complètement.
- Dis-leur que je suis ton père ! Dis-leur a qui tu appartiens !
Et Canaan, le regard vitreux ne cessa de le fixer. D’une voix faible et brisée, il articula comme il put.
- Oui, c’est bien mon père…
La sécurité fixa alors Akira d’un mauvais œil.
- Veuillez lâcher cet homme.
Le jeune homme les observa en silence. Son corps agit avant que son cerveau ne le lui ordonne et lâcha le père violent. Les Dolce Alba n’en crurent pas leurs oreilles. L’homme se dégagea de leur emprise avant de leur sourire narquoisement. Il saisit à nouveau Canaan par le bras et ce dernier, le regard vide, mais toujours plongé dans celui de Hide, suivit son père sans un mot. Le géniteur, fixa également le blond et rit.
- Et toi, n’oublie pas ce que je t’ai dit. Tout ce que je t’ai dit…
Et ils partirent, sur la route vers la sortie, ils croisèrent Grim et Shika qui venaient d’arriver. Grim vit le jeune chanteur partir, le regard vide et sans un mot. Il s’inquiéta et vint rejoindre les Dolce Alba qui semblaient aussi incrédules que lui et Shika.
Akira se tenait debout à côté d’un Tatsuya révolté, plus pour la manière dont cet inconnu avait osé parler à leur compagnon. Il ne savait pas trop quoi dire, encore assommé par la situation. Il se tourna alors vers le leader de leur groupe qui agressa du regard les Bad Mint arrivant.
- Vous savez qui était cet homme ? demanda-t-il sur un ton glacial, si rare. Akira, réfléchis à un moyen d’arracher ce gamin des griffes de ce malade.
N’attendant pas la réponse de Shika ou Grim, il poursuivit sur son ton de reproche méprisant qui ne laissait place à aucune réplique.
- Toi, Grim, tu as bien que tu étais son ami d’enfance ? Comment cela se fait-il que tu n’aies jamais remarqué ça ? dit-il. Sa blessure au bras, ce regard vide. Et n’ouvre pas la bouche en prétendant qu’il ne vous a jamais confié son secret. Par principe vous auriez dû creuser !
Il se gratta la nuque, visiblement très énervé. Gim croisa les bras sur sa poitrine, apparemment complètement hors de lui.
- Vous êtes bien gentil de le remarquer… Mais là apparemment, à part nous gueuler dessus, vous ne faites pas grande chose…
- Il faut qu’on aille chez Canaan. A plusieurs. Il faut des témoins. Je trouverais bien dans la loi quelque chose.
Mais Grim ne les écoutait déjà plus, il marchait droit vers la sortie. Shika le rattrapa par le bras.
- Attends, je vais avec toi.
- Pas question, s’il se passe quelque chose pour le concours, un membre au moins doit être présent.
Shika baissa la tête, il savait qu’il avait raison, mais rester seul là à s’inquiéter pour Canaan lui semblait bien démoralisant. Kae frappa soudain dans ses mains attirant l’attention des deux membres de Bad Mint.
- Bien. Akira tu iras avec Grim et Hideaki, ordonna Kaerizaki sur un ton ferme.
- Ce… bâtard, murmura Hideaki en se mordant le pouce. Il parle de choses dont il ignore tout…
- Ca va aller. On va le récupérer.

Akira leur fit signe. Son sourire calme et son aura tranquille apaisèrent les esprits presque immédiatement.
- Je sais que vous vous demandez pourquoi Kae s’investit autant… déclara-t-il une fois dans la voiture. Ce n’est pas par charité. Mais il ne supporte pas l’idée de voir le seul groupe stimulant se faire détruire par un parasite. C’est assez égoïste non ?
Et il éclata de rire. Au fond, bien au fond de lui, il ressentait cette frustration et cette rage sourde en repensant à ce père. Oui, il avait dû en passer pour s’être détruit de la sorte.
- Grim, dis-moi tout ce que tu sais sur la famille de Canaan.
Akira possédait cette empathie rare, cette capacité à se mettre à la place des gens qu’il côtoyait, de les toucher avec cette expérience trop grande de la souffrance morale pour son âge. Et plus il détiendrait d’informations, plus il serait en mesure d’attendre la conscience de cet homme.
- Je ne sais pas grande chose sur la famille de Cana… Il a toujours évité la question… A chaque fois que lui posais des questions sur sa famille, il esquivait et enchainait avec d’autres sujets ou il mêlait Shika, donc je me perdais…
Hideaki, près d’eux, écoutait distraitement, repensant à l’expression vide du jeune Canaan à l’arrivée du géniteur. Et les souvenirs de ses quinze ans affluèrent. Crispé au possible, son visage n’en demeurait pas moins inexpressif. Il fixait intensément les lumières de la ville de Tokyo défiler au dehors. Se revoyant au coin d’une ruelle, des habits moulants, serrés et inconfortables, laissant entrevoir le ventre, à la limite de ses fesses, il restait collé à une paroi, le regard absent. Il espérait que son client ne soit pas trop vieux, à la limite, que ce soit une femme, et qu’il – elle soit très, très riche. Il avait honte de son corps, il n’y accordait d’ailleurs plus d’importance. Cette enveloppe ne lui servait qu’à gagner de l’argent, rapidement, facilement. A l’époque. Secouant la tête, il reprit son pouce, le lacérant littéralement en repensant aux mots abominables de ce vieux porc.
- Je sais seulement que sa mère ne s’occupait presque pas de lui… Quand cette dernière l’a quitté, son père a embarqué Canaan pour essayer de la retrouver… Je l’ai perdu pendant quelques années, puis Canaan est revenu avec son père… depuis, Cana me parle toujours comme si rien ne s’était passé et que tout allait bien… Au fond, je savais que Cana souffrait atrocement… Mais comme il n’a jamais voulu m’en parler… Je me suis finalement fait à l’idée qu’il ne me faisait pas suffisamment confiance…

Pendant ce temps, Kaerizaki de manière exemplaire et très diplomatique, expliqua aux agents ce qu’il s’était réellement passé. Il fallait des preuves supplémentaires, au cas où cela tournerait mal pour Akira et les autres. Air grave et sourires se succédaient de manière naturelle et prodigieuse, son visage affichant chaque émotion avec une finesse extrême. Son ton autoritaire ne quittait pas le fond de sa gorge, appuyé par les remarques de Tatsuya. Il manipulait ces agents de sécurité avec aisance et maîtrise. Puis il fit signe à Shika de s’avancer, pour qu’il raconte tout ce qu’il savait de ce gamin aux yeux éteints.
- Oh vous savez, Cana a toujours été un gosse gentil ! Quand je l’ai rencontré, il semblait émaner de lui une sorte de pureté qui le caractérise quand il chante. Il est franc, honnête, maladroit et gauche, mais c’est Cana ! C’est le deuxième qui m’a accepté comme un véritable ami alors que les autres n’en voulaient qu’à mon argent… Vous savez, es gens sont ainsi. Dès que le blé est à l’affiche, les cœurs s’emballent ! C’est ce que mes parents m’ont toujours dit et…
Et Shika embrouilla ainsi les agents, mais de façon différente de celle de Kae, une manière simple et franche. Les policiers semblaient emportés par le garçon et souvent lui emboitaient le pas, se faufilant au milieu de la conversation pour plus de détails sur le bleuet.


Arrivé chez lui, le père jeta Canaan sur le sol de la cuisine. Cana se réceptionna comme il put et s’installa contre le mur le plus proche, assis sur le sol. Le père ouvrit le frigo et saisit une autre bouteille. Canaan resta assis là. Il se demandait comment allait le blondinet qui avait voulu l’aider. Il replia ses genoux contre lui et installa sa tête dessus, abattu. Le père retourna dans la pièce ou Cana le fixa sans expression.
- Me regarde pas avec ces yeux-là, toi !
Mais Cana ne l’écoutait déjà plus. Il semblait ailleurs. Le père s’énerva et jeta la bouteille contre le mur au-dessus de Cana. Elle se brisa en mille morceaux et le garçon leva ses bras pour se protéger instinctivement. Le père le fixa un moment puis s’approcha de lui. Il lui prit le bras blessé, s’attirant un cri de douleur de la part du garçon. D’un revers de la main, il le gifla violemment. Canaan sentit un gout un peu métallique dans sa bouche et sentit un liquide couler le long de sa joue. Son père pouvait être très fort quand il le voulait. Il le gifla une deuxième fois et Cana sentit sa tête partir de l’autre côté. Le père continua ainsi un moment jusqu’à ce qu’il sente que le garçon était à bout de forces. Il le laissa alors tomber au milieu des débris de verre. Canaan s’écorcha encore plus la peau de son bras blessé, mais plus rien ne lui importait à présent.
- Tu as voulu fuguer, hein ? Toi aussi tu as voulu m’abandonner, sale chien ! Mais à présent, tu ne sortiras plus d’ici !
Le père retourna à table et prit une autre bouteille à moitié entamée qui trainait par là… Il commença à la vider d’un coup et fixa le garçon étendu sur le sol.
- Qui était ce blondinet arrogant qui était avec toi ?
Cana ne répondit pas. Il était trop épuisé pour pouvoir lui répondre… Et la perspective de rester enfermé dans cet endroit le menait au bord du désespoir… Le père se leva, titubant encore et saisit Canaan par le col.
- Je t’ai posé une question, Amon ?!
- Hideaki…
La réponse était brisée et le visage du garçon était complètement fermé. Le père le fixa un moment, puis ricana en voyant les lèvres éclatées de son fils.
- Jusqu’ou es-tu allé avec lui ?
Canaan sembla soudain se réveiller.
- Quoi ?
- As-tu déjà baisé avec lui ? Je suis sur que oui, sale garce ! Tu es comme ta mère de toute façon…
Il se leva en riant. Canaan n’en pouvait plus, ses larmes s’étaient mises à couler toutes seules sur ses joues. Et son père enchaina.
- Mmmh… Après tout pourquoi pas ! Puisque tu ne fais rien ici, pourquoi ne pas prendre quelques clients ? Tu pourrais m’apporter de l’argent au lieu de ne rien faire. Et puis tu es mon fils, Amon, tu te dois de m’aider et…
- Pourquoi m’appelles-tu Amon ?
Le père s’arrêta et le fixa.
- Qu’as-tu dit, Amon ?
Canaan se releva péniblement, laissant des tâches de sang contre le mur comme il se relevait.
- Je t’ai demandé pourquoi tu continuais de m’appeler Amon ? Je ne suis pas Amon, ni même ma mère, moi je suis Canaan… Et je m’inquiète pour toi… Tu as besoin d’un psychiatre, tu n’es pas bien, père…
A une vitesse folle, le père se précipita sur Canaan et commença à l’étrangler.
- Je t’interdis de me dire quoi faire, sale…
Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase que quelqu’un frappait à la porte.

Akira planta les freins, faisant crisser les pneus de sa voiture noire. Parquée, ou plutôt abandonnée sur le trottoir, il n’eut pas le temps de sortir que déjà le blond se précipita dans la maison.
Hideaki ne parvenait pas à ouvrir la porte et s’excitait dessus avant de lâcher un juron sonore. Le rouquin arriva juste derrière, suivit du guitariste de Bad Mint. Il défonça littéralement la porte et s’engouffra. Une odeur répugnante d’alcool et de vomi les agressa brutalement, brûlant leurs narines. Les trois garçons observèrent les alentours plongés dans le noir et soudain, un bruit de chute attira Hideaki. Il se projeta en avant.
Le spectacle qui s’offrit à eux les glaça…

Le père de Canaan lâcha le garçon en entendant quelqu’un s’exciter à tenter d’ouvrir la porte et le garçon aux cheveux bleus s’effondra au sol, toussant péniblement. Il tituba un moment, puis son cerveau sembla se mettre en route. Des voleurs. Il essaya de prendre la première chose qui lui tombait sous la main, en l’occurrence un couteau à pain qui trainait sur la table et s’avança vers la porte. Enfin vers les deux portes qu’il voyait. Il s’accosta contre le mur, éteignant les lumières sans le vouloir.
- Ne bouges pas de là Canaan, il y a des voleurs !
La porte fut bientôt défoncée et il distingua dans l’entrebâillement trois hommes qui entraient. Dans un geste d’ivrogne, il leva le couteau qui brilla dans l’obscurité et l’abattit rapidement en direction de l’un des voleurs.
Hideaki fut le premier à se retrouver devant l’homme saoul. Grand et aux réflexes assez lents, il ne vit pas arriver le couteau. Heureusement pour lui, les effets de l’alcool embuèrent sa vision. Il reçut le coup contre sa jambe droite, à peine une éraflure, déchirant le pantalon. Akira, plus prompt à se défendre, lui ramassa le couteau alors qu’il ordonnait à Grim d’appeler la police. Libéré, le blond se précipita et alluma la lumière cherchant le gamin aux cheveux bleus dans toute la maison. Soudain, sans crier gare, le père se dégagea d’Akira : effets secondaires des vodkas et vins de tables ingurgités à longueur de temps. En zigzagant, il suivit Hideaki.
- Canaan… murmura le blond aux lunettes en voyant le chanteur prostré au sol.
Il se précipita vers lui. Dans son élan, il se mit à genoux devant lui, le prenant dans ses bras sans un mot. Le serrant contre son torse, Hideaki ne vit pas arriver l’homme fou de rage qui bégayait des paroles incompréhensibles.

Canaan sentit soudain quelque chose de chaud et dur contre lui. Il ne savait plus vraiment ou il était ni ce qu’il faisait – rien par ailleurs. Son regard sembla s’animer et quand il reprit vraiment ses esprits son cœur fit un bond en voyant le blond contre lui. Mais ce bond s’arrêta quand il vit son père s’approcher dangereusement vers lui. Ce dernier était déjà trop près d’eux et il ne pouvait avertir le blond du danger. D’un geste rapide, il jeta un coup d’œil autour de lui et prit une bouteille vide qui trainait par là. En voyant son père se pencher vers lui, il enlaça la tête d’Hide, de peur qu’il ne se blesse et balança son bras en avant en hurlant. La bouteille frappa la tempe de l’homme qui dans un grand bruit et dans un cri rauque s’effondra au sol, inerte. Grim recula en fixant l’ivrogne, puis Canaan. Hide se retourna et Canaan le lâcha s’avançant sur les genoux vers son père.
- Père…
Il le secoua un peu son père, ses larmes coulant.
- Oh non ! Père ! PERE ! Ne meurs pas !! qu’est-ce que j’ai fait, je…
Grim se précipita vers Cana et le prit dans ses bras.
- Du calme, Cana, je suis là…
Grim jeta un regard sombre à Hide et enlaça Cana assez fort tout en le fixant. Cana avait fondu en larmes et s’accrochait à Grim comme si sa vie en dépendait.
Juste à côté d’eux, le blond se relevait avec peine, ses jambes tremblant légèrement. La bouche entre-ouverte, il poussa un long soupire en voyant l’homme à terre. Et ses yeux glacés habituellement inexpressifs se chargèrent d’un mépris incommensurable. Il ne ressemblait pas à Akira, qui cherchait à comprendre pourquoi les gens évoluaient de cette manière, non. Il haïssait profondément le monde adulte. Ces hommes et ces femmes qui, sans même le savoir, détruisaient la vie de leurs enfants avec des décisions égoïstes. Ces personnes prétendant que leur sagesse et leur existence plus longue leur proféraient le droit d’exiger tous les sacrifices de la chair de leur chair. Comme s’ils n’étaient que de vulgaires poupées. Il serra les poings avant de se relever, laissant Canaan et Grim s’accrocher l’un à l’autre désespérément et alla rejoindre son compagnon. Akira parlait tout seul, portable collé contre son oreille et donnant des informations aux policiers. Une ambulance allait venir aussi. Le blond lui demanda s’il avait vu ce qu’il s’était passé, et le géant hocha la tête. Puis ce dernier se tourna vers Hideaki, un sourire d’une douceur extraordinaire fendant son visage. Il posa une main contre son épaule et rejoignit le chanteur de Bad Mint, effondré sur le sol, fixant son père les larmes aux yeux. Il s’inclina légèrement, demandant à Grim de le laisse s’en occuper. Tout naturellement, imposant tout de même, il entraîna le garçon à l’extérieur.
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MessageSujet: Re: Chapitre 3 d'Hysteria en avant-première   Ven 25 Déc - 21:54

- Ca va aller, Canaan. Il est juste assommé, murmura-t-il, lui tendant un mouchoir alors qu’il s’agenouillait devant lui. Je sais ce que tu ressens, ça va aller tu verras. A présent, tout ira bien. Ton père se fera soigner.
Pendant que ses mots sucrés coulaient dans les oreilles du jeune homme aux cheveux bleus, sa voix rassurante semblait apaiser ses sanglots. Akira ne le montrait pas, mais la douleur du garçon lui transperçait le cœur. Malgré tout, cet homme autant méprisable qu’il soit demeurait son père. Et sa seule famille.
Au loin, les sirènes retentissaient…
Hideaki apparu à son tour, s’asseyant à côté du leader du groupe rival, enlaçant ses épaules.
Canaan écoutait ce que disait le rouquin, ses larmes coulant toutes seules. Il se demandait pourquoi Hide était si gentil avec lui. Normalement, le seul qui avait toujours été là, c’était Grim… Doucement, il tendit ses mains et s’accrocha à Hide, se laissant aller. Il ne savait se l’expliquer, mais il se sentait bien en compagnie du blond… La police arriva bientôt et avec elle une ambulance. La première embarqua le père, toujours assommé et Canaan le suivit. Le médecin s’occupa d’abord de son père, puis fixa le bras de Canaan et grimaça en voyant les blessures du garçon.
- Je peux savoir pourquoi vous n’avez pas fait soigner ça immédiatement ?!
Canaan le fixa puis regarda son bras avant de se gratter la tête.
- Et bien j’ai pensé que..
- Vous n’avez RIEN à PENSER !!
Canaan rentra la tête dans les épaules et le médecin lui prit le bras, râlant et grommelant des trucs incompréhensibles. Hideaki, encore à terre, caressa la jambe du jeune garçon pour l’encourager, ses yeux glacés plantés sur lui. Canaan, mal à l’aise le laissait faire, écoutant attentivement ce que le médecin lui disait. A ce moment, l‘ambulancier arriva près du groupe restant.
- Si quelqu’un veut aller avec eux il reste une place.
- Moi j’y vais, déclara Grim en fixant Hide d’un mauvais œil.
Il allait monter dans l’ambulance quand on le saisit par le col et on le tira en arrière. Grim poussa des jurons, puis s’arrêta quand il vit que le blond n’y était pour rien. Il fixa alors la personne qui l’avait saisit de la sorte et failli s’étouffer en voyant de qui il s’agissait.
- Oh non pas toi !
Le flic lui sourit sarcastiquement et le lâcha. Il saisit par les cheveux et le fit se tourner vers lui d’un coup.
- Tiens, tiens, tiens… Encore cette canaille de Grim… Je t’avais dit que je te coincerais, racaille !
- Eh, oh, on se calme, là ! J’ai rien fait moi !
- Quoi qu’il en soit, tu viens avec moi au poste !
Grim fixa le flic qu’il semblait trop bien connaître, puis l’ambulance. Cana l’observait en soupirant. Il regarda alors Hideaki et grinça des dents. Il alla en vitesse vers lui et le saisit par le col.
- Tu fais quoi encore là toi ?! Va avec Cana et s’il lui arrive quoi que ce soit que ce soit d’ordre physique ou pudique, je te tue, j’espère avoir été clair !!
Le dernier spectateur, les mains dans les poches, regardait tout ce petit monde s’agiter autour de lui. Il marcha doucement vers l’ambulance.
- Ca va aller Canaan ? Hideaki va rester avec toi. Je passe au poste avec Grim, je m’occupe de tout. Repose-toi, petit.
Hideaki acquiesça et grimpa dans l’ambulance, observant avec une certaine indifférence la plaie se faire désinfecter. Lorsque son compagnon arriva près de Grim, il salua le policier aimablement et lui passa son portable.
- J’ai pu filmer ce qu’il s’est passé, monsieur. Et il serait mieux d’avertir les services sociaux pour prendre en charge cet homme désespéré. Il a essayé d’attenter à la vie de son fils. Il est encore sous le choc mais nous sommes trois à être en mesure d’affirmer mes allégations.
Le policier fixa le natel et observa un moment le film. Il éclata soudain de rire et donna une tape dans le dos de Grim.
- Alors c’est vrai que tu n’y es pour rien alors ! Suivez-moi au poste pour faire vos dépositions et après allez vous coucher les jeunes, le couvre-feu est déjà passé !

Pendant ce temps, l’ambulance avait repris sa route et s’avançait rapidement dans les rues en direction de l’hopital. Cana observait toujours son père. Il était inquiet. Il jeta soudain son regard sur Hideaki et lui sourit doucement.
- M-Merci de m’accompagner… C’est gentil de votre part…
Il remit une de ses mèches derrière son oreille et sourit au garçon aux cheveux blonds.
- M-M-Merci aussi pour le… baiser tout à l’heure…
Et Cana se remit à observer son père, rougi comme pas permis. Il n’osait plus regarder l’autre garçon et l’image de Grim le dérangeait.
« Pardon Grim… Mon premier baiser n’était pas le tien… Surtout ne me tues pas quand tu sauras que j’ai embrassé un autre garçon… ». Le tirant de ses pensées, la voix lasse d’Hideaki frappa ses oreilles.
- Tu me plais assez, Canaan.
Cana ouvrit de grands yeux et les planta dans ceux de Hide. Il essaya de bégayer quelque chose, mais finit par ouvrir et refermer la bouche sans en sortir un son. Pour Hide, il devait ressembler à un poisson hors de l’eau. Cana avait la tête qui tournait. Il ne savait plus quoi dire ni quoi faire, ce qui fit sourire le jeune blond. Une fatigue se faisant ressentir, il commença à dodeliner de la tête. Il jeta son regard de côté sur Hide et sourit doucement. Sans savoir comment allait réagir le blond, Cana posa doucement sa tête sur l’épaule de son ami, dormant enfin d’un sommeil paisible sans cauchemars… Le blond enroula son bras autour des épaules du petit pivoine contre lui, penchant la tête. Les mots de Kae résonnèrent ensuite au fond de son crâne, et lentement, un sourire étira ses lèvres fines. L’ambulance tourna soudain et la tête de Canaan glissa lentement de l’endroit ou elle était vers le bas. Et sans que Hide ne réagisse, la tête du garçon aux cheveux bleus reposait, le visage vers le bas, entre les cuisses du blond. Le médecin s’arrêta soudain dans son œuvre et fixa les deux garçons avec un drôle de regard. Hideaki sursauta, les mains suspendues dans les airs. Il observait la touffe bleue entre ses cuisses et une chaleur agréable grimpa de son bas-ventre. Il retint une folle envie de rire devant le regard du médecin. Lentement, ses mains prirent la le visage de Canaan avant de le tourner, position plus « catholique » dirons-nous.

De l’autre côté au poste de police, Grim se gratta l’oreille.
- Je n’ai rien fait, ca fait 3 fois que je le dis !
- je te rappelle que ton casier judiciaire est presque plein, Grim… Vol à l’étalage, brigandage, trouble de l’ordre public, insultes à des officiers de police dans l’exercice de leurs fonctions, vandalisme, proxénétisme…
- Euh pour le proxénétisme, j’étais au mauvais endroit au mauvais moment, car j’accompagnais Aria, une amie d’enfance…
Le policier le fixa, visiblement il ne le croyait pas.
- Puis-je savoir pourquoi toi, un enfant né d’une famille modeste peut faire autant de conneries dans sa vie ? Tes parents t’ont trop gâté, c’est ça ?
- La ferme…
- Ou bien c’est par rapport à ton frère Sion ? Peut-être veux-tu ternir son image en te montrant ainsi…
- J’ai dit la FERME !! Qu’est-ce que tu sais de moi toi ?!
Le policier soupira et sortit de la pièce. Il fixa Akira qui le regardait en silence, visiblement, lui aussi voulait savoir pourquoi le garçon se comportait de la sorte. Bras croisés, son air serein sembla apaiser le garçon. Où l’irrita encore plus. Il se l’avoua, Grim attirait sa curiosité. Emboitant le pas à ses pensées, le garçon aux cheveux teintés entama son récit.
- C’est compliqué… Ma mère m’a eu avant son mariage… Mais e suis issu on va dire de son erreur de jeunesse… Elle ne voulait pas me garder… Et finalement, je suis venu au monde… Peu après, ma mère se maria et eu un deuxième fils, Sion… Ce dernier est leur trésor à eux… Mais moi… Je ne vaux rien finalement…
Akira prit une chaise et s’assit en face du cadet, plantant ses yeux gris dans les siens.
- Je me suis un peu renseigné sur vous, avant le concours. Et il est apparu que ton frère est aveugle… est-ce juste ?
Grim ouvrit de grands yeux, puis rabaissa son regard.
- Oui… Sion est né aveugle… Malgré ce fait, père et mère l’aiment plus que moi… Non pas que je sois jaloux… Car c’est Sion qui m’a offert ma guitare électrique… Nous l’avons construite ensemble… Et lorsque je me suis fatigué d’essayer de la faire fonctionner, Sion est resté des nuits entières à ajuster le son… Il lui a fait un tel ajustement, que j’adore le son qu’elle émet… Aucune autre guitare ne me plaît… Sauf le son du violon de Sion… C’est un virtuose du violon, mon grand frère…
Akira sourit en écoutant le jeune garçon parler. Hochant le visage, il s’installa plus confortablement sur sa chaise.
- Je ne pense pas que tes parents aiment plus ton frère. Il avait certainement plus besoin d’attentions à cause de sa cécité. Ils ont dû se sentir responsables de son infirmité. Et t’ont… laissé te débrouiller seul, murmura Akira. Il fait du violon ? Vous devez faire un duo exceptionnel tous les deux. Tu m’as impressionné lors du concours.
Grim se gratta la tête, gêné.
- Je n’ai joué qu’une seule fois avec Sion… Je trouvais Sion à un tel niveau supérieur que j’ai plus jamais osé jouer avec lui… Mais Sion a adoré ma façon de jouer… A chaque fois que nous avons une nouvelle chanson à élaborer, je lui fais écouter… Il me dit ce que je dois corriger ou pas… Sion est… Un dieu de la musique, je ne trouve pas d’autres mots pour le décrire… Comparé à lui, je ne joue pas si bien que ça… Seul Canaan et Shika, qui ont entendu Sion jouer aussi, ont décidé de rester avec moi et de monter notre groupe…
Grim semblait parti dans des souvenirs et son visage s’éclairait.
- Mais depuis quelques temps, Sion n’a plus le temps… Tu connais le grand chanteur Shiroi ? Il l’a convoqué et Sion est devenu son violoniste attitré… Mère et père sont fiers de lui…
- Shiroi ? J’ai lu quelque chose sur lui il me semble… Un virtuose, maniant aussi bien les mots que sa voix.
Akira observait avec plaisir cet enfant s’extasier devant son frère. Il ne vit qu’une ombre, lorsque celui-ci esquissa les désirs de ses parents.
- Chacun va à son rythme. Ton frère a un talent inné, toi tu dois simplement travailler. Ne cherche pas à courir après ton frère pour t’attirer le regarde de tes parents, va à ton rythme. Tu verras, tes progrès seront fulgurants et bien visibles au monde, alors que ton frère restera au même point pendant un moment. Il est déjà au sommet, alors que toi, Grim, tu n’es qu’au début.
Son visage se fendit à nouveau, un petit rire grave grimpa de sa gorge pendant qu’il se balançait sur la chaise qu’il avait attrapée. Soudain, le policier revint dans la salle, le natel d’Akira dans les mains.
- Nous avons vu de nouveau la vidéo, mais nous aurions encore des questions…
Les deux policiers s’assirent
- Donc, récapitulons…
Grim soupira et leva sa tête au ciel.
- Dis-leur toi Akira, moi ils me croiront jamais…
Akira détourna son attention, sourire amical sur le visage, et leur raconta ce qu’ils avaient vu. Dans la salle du concours, dont les policiers sur place pouvaient aussi témoigner grâce à Kaerizaki, Shika et Tatsuya et leurs dons de communication, de leur route ainsi que ce regard vide et résigné du jeune garçon aux cheveux bleus… Le rouquin s’exprima calmement, posément, sans ajouter de mots superflus tout en préservant les sentiments ressentis lors de leur intervention. Les photos prises sur les lieux parlaient d’elles mêmes. Un lieu crasseux, où bouteilles, restes de nourriture moisie et de vomi jalonnaient les pièces, et où cet homme, le père de Canaan vivait avec son fils. Dans la merde, ponctua-t-il. Il décrivit ensuite la scène, cet homme furieux et ivre s’élançant contre eux, un couteau à la main alors que son fils gisait au sol, vide et résigné, amorphe, avant qu’un élan de désespoir ne le pousse à assommer son géniteur. Il précisa qu’Hideaki détenait une autre information sur les intentions du père et qu’il fallait à tout prix le faire soigner. Suivant les indications que Kae leur avait données, il proposa un hébergement dans le Manoir. Comme eux tous avant Canaan.
- Vous devez le connaître aussi. Kaerizaki Shina, ainsi que Tatsuya. Sa mère Yume s’est portée volontaire pour être son tuteur légal, en attendant que lui et sa famille resserrent leurs liens, annonça-t-il, son sourire tendre aux lèvres.
Une fois sortis du poste de police, donc quelques heures plus tard, Grim s’étira et Akira le fixa. Il ne savait plus trop quoi faire, mais finalement, il lui sourit, lui accordant sa confiance.
- En attendant que Canaan se remette je pense que nous allons accepter volontiers votre hospitalité…
- C’est tout à fait normal. Le temps que les choses se calment.
Grim tendit honnêtement et franchement la main à Akira en signe d’amitié. Ce dernier la lui serra, poigne de fer.
- Je crois qu’il est temps qu’on aille chercher Canaan et…
Et soudain, Grim s’assombrit. Oui il était plus que temps qu’il aille chercher son meilleur ami, avant que l’autre tordu ne lui saute dessus. Il faut qu’il protège la chasteté de son meilleur ami… Surtout que lui aussi veut s’y attaquer…
Soudain, Akira éclata de rire. Il posa une main sur l’épaule du cadet, se soutenant dans son hilarité.
- Nous avons encore des choses à faire, oui. Hideaki est certainement en train de veiller sur ton ami. Il ne s’attaque pas aux blessés, normalement, murmura-t-il, laissant planer le doute.
Grim le fixa, bouche bée… Comment… Comment Akira avait-il fait pour le percer à jour aussi facilement ? S’il avait un miroir sur lui, il se serait surement regardé dedans pour savoir s’il était si facile que ça à déchiffrer. Il leva soudain la tête et emboîta le pas d’Akira qui se dirigeait vers sa voiture.
Une fois arrivés à l’hôpital, il décida d’avertir Kae et les autres, pour qu’ils ne s’inquiètent pas de leur absence prolongée, et pour prendre des nouvelles du concours. Grim, à la réception, se débattait pour obtenir l’information qui lui semblait capitale. Après un signe de main, le rouquin s’avança alors que la voix de son leader, suave comme les ondulations d’un serpent pénétrait son cerveau. Akira ne se fit pas duper, au contraire. Il semblait être le seul possédant une certaine résistance aux mots pervers et lourds de conséquences du chanteur de Dolce Alba.
Grim, une fois arrivé et qu’on ait daigné enfin lui dire ou se trouvait Canaan et son père, se précipita vers la chambre. Il trouva Canaan assis vers le lit d’hôpital. Canaan le fixa lorsqu’il entra puis lui sourit. Quand il se leva, Grim vit que le garçon avait le bras bandé.
- Tu vas mieux ?
- Oui, pardon de t’avoir inquiété…
Grim s’avança et le prit dans ses bras. Canaan lui jeta un sourire amer et posa sa tête sur son épaule. Grim le serra un eu plus contre lui.
- Je suis désolé…
- De quoi Grim ?
- De ne rien avoir remarqué… Tes blessures… J’aurais dû agir avant…
Canaan soupira doucement.
- Je ne voulais pas t’inquiéter… C’est tout… C’est mon problème…
Grim soupira et lui frotta le dos. Il avala sec soudain en sentant le corps de son meilleur ami contre le sien… Doucement, ses mains se baissèrent et saisirent doucement les fesses de son meilleur ami qui se crispa soudain, complètement rougi… Le garçon aux cheveux bleus n’en croyait pas son sens du toucher…
Plus loin, au rez-de-chaussée de l’hôpital, Hideaki attendait à une table, deux cafés devant lui et comme à son habitude, son regard semblait perdu au loin, dans un autre monde. La fumée blanchâtre s’élevait paresseusement des tasses en verre, délaissant l’arôme puissant du liquide sombre qu’elle détenait, caressant ses narines. Le blond, mains dans les poches, réfléchissait à cette journée. Le concours, les rivaux, un simple amusement…. Et les mots de cet homme résonnèrent à nouveau au fond de sa boîte crânienne. Comme un poison, une blessure à peine cicatrisée qui se fait déchirer à nouveau, ils coulaient dans tout son être. Gestes lents, son corps s’affaissa contre la table, alors que sa main droite s’enfonçait dans la tignasse blonde. Il croyait avoir vaincu tout cela. Et il n’avait qu’une envie : voir Kae. Le regarder sourire et lui donner un coup sur l’épaule en l’entend dire que « le passé sera toujours là, mais maintenant tu es fort et plus jamais tu ne te feras soumettre ». Son visage s’enfouit contre l’avant bras replié sur le faux-bois de la table, lorsque des pas retentirent. La cafétéria était déserte. Déjà tard, il ne prit pas garde quand la chaise en face de lui se tira et qu’Akira s’assit en face de lui. Hideaki ne bougea pas.
- Hideaki, qu’est-ce que tu as ?
- Rien… murmura-t-il. Ca va passer.
- Tu n’es pas si expressif d’habitude, sourit le bassiste de Dolce Alba en se penchant en avant, mains entre les jambes et le fixant avec douceur.
- C’est que… l’homme a dit des choses…
Akira laissa le silence les envelopper. Sa main lui effleura le bras, pour lui montrer qu’il serait là, prêt à l’écouter sans poser de questions.
- Il a dit que si je voulais coucher avec Canaan je devrais payer. Cher, envoya Hideaki sur un ton glacé et lapidaire.
Le rouquin aux cheveux coiffés en pic l’observa en silence. La chaine suspendue à son labret gratta la table lorsqu’il se redressa.
- J’ai… été une pute pendant plus de deux ans. Je payais comme ça mes études, acheva le blond, dans un murmure.
Il ne leva pas les yeux. Par contre, ses doigts se resserrèrent contre les mèches dorées. Et Akira, poignardé en plein cœur, senti ce fourmillement désagréable et subit la paralysie des moments où quelque chose d’insoupçonné fait irruption dans notre vie. Les mots lui manquèrent. Pourtant, avant que son cerveau ne trouve quoi répondre, sa main se serra contre le bras du jeune homme en face de lui. Il vit ce gamin au coin des rues, là où Kae lui dévoilait cette vie parallèle, et il comprit toute la démarche du brun pour qu’il puisse comprendre. Enfin, des mots glissèrent hors de ses lèvres.
- Hideaki, je ne vais pas te mentir. Cela me surprend. Je n’aurais jamais pu imaginer cela… mais je comprends pourquoi tu arrives à te détacher de tout sentiment à présent, Akira senti Hideaki frissonner sous sa prise. Pourquoi tu sembles si loin de nous, dans un endroit… meilleur ? Hide, pauvre idiot, je t’ai toujours connu comme ça. Et maintenant je comprends. Cela a dû être difficile, de détruire sa conscience pour suivre ses rêves.
Le tremblement s’intensifia. Akira quitta sa place pour s’asseoir à côté de son ami, lui caressant le dos pendant qu’il se calmait lentement.
- Viens, Canaan t’attend avec ce café froid, dit-il en riant, secouant le blondinet.
- Ouais… finit-il par répondre. Il est trop chou, tu trouves pas ?
- Hm… d’un point de vue hétéro je saurais pas te répondre…
- Ah, c’est juste. Pauvre con, faut juste répondre « oui, il est baisable ».

Il se leva, ramassa les tasses et montèrent voir le bleuet et son père.
- Au fait, y avait pas un autre nain avec toi ?
- Oui, Grim. Il a rejoint directement Canaan.
- Pardon ? murmura lentement Hideaki, écarquillant ses yeux glacés derrière les lunettes. Et tu les as laissés seuls ?

La porte s’ouvrit soudain et le batteur se figea à l’entrée. Mains sur les fesses de son chanteur, Grim fixa les nouveaux arrivants. Canaan, complètement pris au dépourvu fit ce qu’une pucelle aurait pu faire et s’agenouilla sur le sol, se couvrant les fesses.
- GRRRIIIIIMMMMMM !! Qu’est-ce qui te prend ?!
Ne sachant que répondre, Grim se gratta la tête, riant nerveusement. Akira pénétra dans la pièce, et subtilement sépara Grim en lui indiquant de le rejoindre. Il salua chaleureusement le garçon au bras bandé, le laissant seul avec son compagnon.
- Tu permets ? Grim, j’ai des informations.

Le blond s’avança doucement, l’air de rien et lui offrit la boisson chaude – tiède – qu’il avait prit à la cafétéria.
- Tu aurais dû voir la tête de la femme postée là. J’ai cru qu’elle allait me tuer, murmura-t-il, prenant un tabouret et s’asseyant à côté de lui. Comment vas-tu ?
Canaan lui sourit timidement et tendit ses mains pour prendre la boisson.
- Je vais mieux… Et grâce à vous… Jamais je ne saurais comment vous remercier… mais à présent… Je ne sais plus où aller… Je ne peux pas rentrer chez moi… Et pourquoi le devrais-je de toute façon…
- Eh bien… Je te propose d’aller vivre quelques temps chez Kae. Il habite seul dans un grand manoir et n’a pas de famille avec lui. Je suis sûr qu’il t’hébergerait volontiers.
Et Cana le regarda bouche bée… Non c’était impossible… Comment quelqu’un pouvait encore être aussi gentil avec lui… Il posa sa tasse devant lui et, sur ses genoux, les mains par terre entre ses cuisses, il lança un sourire charmeur au garçon blond.
- Je vous en serais très reconnaissant, Hide-san…
- Tu peux me tutoyer… je suis pas si vieux, murmura-t-il lentement.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la ville, Kaerizaki observait les voitures défiler devant ses yeux. Les lumières se mêlaient les unes aux autres dans un tourbillon incandescent. Ses pupilles en feu, son corps congelé par la brise de décembre le jeune homme réfléchissait. Ses paupières s’abaissèrent, reposant sa vision de toute cette lumière artificielle lorsque quelque chose de chaud l’enveloppa. Grand, dur, il s’appuya contre, sans se méfier, reconnaissant le corps de Yukito.
- Tu penses à quoi ? lui demanda rudement le rouquin.
- A la suite des évènements. Ca a pris une tournure très intéressante à mon avis.
Le vent gifla son visage pâle, secouant les quelques mèches noires sur son front et il se tourna vers l’homme.
- Je meurs de froid… murmura-t-il, sourire aux lèvres.

Tatsuya fumait tranquillement dans le hall, ignorant superbement les passants irrités ainsi que la sécurité qui essayait de lui faire comprendre par les bonnes que « fumer dans un établissement public était interdit ». Il observait le lutin vert faire les cents pas devant lui, déblatérant à qui voulait l’entendre que tout ceci ressemblait purement et simplement à un mauvais coup du destin. Irrité, le brun envoya paître les assaillants, ramassant Shika par le col.
- Viens, je t’invite boire un verre. Tu me stresses à tourner en rond comme un rat empoisonné.
Shika se sentit entrainé par le col, mais ne réagit presque pas. Il comptait sur ses doigts ce qui semblait être les possibilités à ses amis de s’en tirer… Et visiblement, les chances n’étaient pas bien élevées… Il ouvrit soudain de grands yeux. Un verre… verre…
- Je sais !!
Il se ressaisit soudain et se redressa. Il attrapa Tatsuya par le bras et le fit courir derrière lui. Le brun, qui ne s’attendait pas à un tel revirement et surtout pas que le lutin possède une force pareille, faillit se renverser. Shika arriva bientôt devant une porte et il l’ouvrit a la volée. Quand il vit Kae dans une position de débat sexuel bestial. Il resta là sans bouger. Son cerveau semblait s’être arrêté… C’était bien des griffures qu’il voyait sur les bras de Kae ? Il se frotta un moment les yeux, puis les fixa à nouveau. Il se tourna vers la porte et posa sa tête dessus.
- Décidément… Le monde est plein de surprises… Et certaines peuvent aller jusqu’à briser votre vision naturelles des choses… Ma vision actuelle des corps masculins vient d’en prendre un coup là…
Le jeune homme qui se tenait à ses côtés plaqua une main contre ses yeux et s’aplatit contre le mur. Déjà il n’arrivait pas à se faire à l’idée que Kae soit gay, mais si en plus il lui offrait ce genre de visions ! A chaque fois que ses paupières se fermaient, les deux corps se dessinaient dans le noir, et l’expression du chanteur se grava de manière indélébile dans son cerveau. Le brun gémit et se recroquevilla, prenant sa tête entre ses mains.
- Non, non, non, je suis à jamais souillé ! Allez, image, sors de ma tête !!
Shika fixa un Tatsuya nauséeux planté au sol, il poussa un léger cri et jeta soudain un regard vers Kaerizaki. Il couru brusquement vers lui et le saisit par le bras. Il se précipita dehors ramassant Tatsuya avec l’autre bras. Le chanteur eut juste le temps de mettre un pantalon et de prendre sa veste, et lorsqu’il arriva près de Tatsuya, les deux se regardèrent, mais durent emboîter le pas du fou furieux. Derrière eux, une aura maléfique imprégna les lieux, celle de Yukito dont une règle essentielle ne devait surtout pas être enfreinte : celle de lui arracher Kae dans un moment comme celui-ci.
Une fois dehors, Shika les lâcha et appuya sur une de ses boucles d’oreilles. Rapidement, une magnifique limousine vert pomme arriva près d’eux. Tous ceux qui étaient présents regardaient la voiture, stupéfaits. Cette dernière s’arrêta et le chauffeur, une écharpe autour du coup, des lunettes noires et un bonnet cachant ses cheveux descendit rapidement de la voiture et ouvrit la porte rapidement.
- Dépêchez-vous !
- Oh, c’est toi qui conduis, Ala…
Le chauffeur hurla soudain.
- Noooon ! Ne dites pas mon nom !! Tout le monde nous regarde !! Montez vite !!
Shika rit et incita ses « amis » à monter.
- Nous allons chercher nos compagnons respectifs… Je ne peux plus attendre sans rien savoir…
Kae retira son bras de l’étreinte de Shika, observant la voiture d’un air arrogant.
- J’ai eu des nouvelles de tes amis. Ils sont à l’hôpital et tout va bien. Allons plutôt chez moi…
Son regard rempli de haine et surtout de frustration brûla vif le jeune batteur de Bad Mint. Pour lui, Shika ressemblait à un parasite possédant une trop grande gueule. Sur le moment en tous cas.
- Je refuse de monter dans cette espèce de banane géante, hurla Tatsuya en reculant. Tu rêves mon gars !
Il lui fit un geste obscène avant que l’esprit maléfique apparaisse comme par magie derrière eux.
- Je retourne à la maison, Kae, trancha Yukito d’une voix glaciale. Je vais me coucher. Ne fais pas trop tard.
Son ton menaçant fit frémir le garçon, qui lui jeta un regard implorant la pitié et le pardon que seul le rouquin pu voir.
- Bon, le tarré, je vais avec Kae en moto et toi tu nous suis à distance. Haa mais la honte. En plus je l’avais vue cette horrible bagnole ! Quant à toi, balança-t-il à Kae. Ne t’avise pas de t’approcher trop près de moi !
- Va te faire, Tatsuya, t’es pas mon type.
Il y avait de l’électricité dans l’air… Et Shika les fixa tous, puis sa voiture.
- Bah… Qu’est-ce qu’elle a ma voiture ?
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